Il y a vingt ans, la vue de certains échecs en Implantologie a éliminé définitivement, chez certains, toute idée de s'engager dans cette discipline.
Pire, les dégâts observés ont servi d'arguments impitoyables aux détracteurs pendant de très longues années. Ainsi encore aujourd'hui, beaucoup ont laissé passé les années sans voir les progrès, sans ressentir l'évolution.

Deux choses fondamentales ont conditionné les échecs désastreux des années 60.
- La première est l'acharnement que les praticiens développaient pour maintenir des implants en place à coup de traitement médicamenteux et de systèmes de rattrapage scabreux. Les petites lésions sans gravités et parfaitement réversibles, prenaient avec le temps des allures de cataclysme.
- La seconde est le fait que les édentés étaient dirigés vers l'Implantologie après avoir tout essayé. Lorsque tout avait échoué avec déjà quelques séquelles notables et sensibles, alors, il eût fallu que l'lmplantologie réalisât l'impossible.


Aujourd'hui c'est très exactement l'inverse. Lorsque quelqu'un se présente à mon cabinet avec des dents manquantes, je cherche tout d'abord à voir s'il est possible de le réhabiliter avec une technique d'implantation.

En cas d'impossibilité ou de difficulté importante, alors et seulement alors, on tente une technique conventionnelle.

L'Implantologie n'est plus la dernière roue du carrosse, mais la première.
Lorsque certains signes cliniques, aussi discrets soient ils, laissent prévoir un échec, il faut intervenir immédiatement, pour inverser le cours des choses. En cas d'irréversibilité, il faut retirer les implants. Au pire, le patient doit se retrouver dans l'état initial pré-implantaire ou tout du moins le plus proche possible.
Un patient qui choisit de se faire implanter pour retrouver ses arcades dentaires, prend un risque très limité quant à son intégrité. Il aura, tout au plus, perdu un peu de temps, un peu d'argent. Ceci arrive dans moins de 5% des cas présentés.


Il faut bien garder à l'esprit que pour 95% des gens traités avec ces techniques, la notion d'échec est non abordée.
Le bien-être élimine de l'esprit l'existence de l'échec. Pour celui qui a la malchance de faire partie des 5% restants, l'échec est total. L'échec ne se partage pas, il est ou il n'est pas. Dans ces 5%, encore faut-il dire que généralement l'absence de dégât nous fait réanalyser le cas pour comprendre les raisons de l'échec. Bien souvent, nous réentreprenons l'ensemble, et réalisons d'autres types d'implantation.

Devant le relatif petit nombre de problèmes, nous nous permettons de garantir nos travaux pendant 10 années.
Nous prenons en compte le fait que dans ce genre d'entreprise le patient s'engage, il est, par conséquent, convenable que le praticien s'engage également. Cela ne signifie pas que le lendemain du dernier jour de la dixième année, les implants vont se volatiliser, cela veut dire que pendant la période citée, le moindre incident concernant les implants ou la prothèse qu'ils soutiennent, est pris en charge par le coordinateur du travail entrepris. Après ces dix années, les mêmes problèmes seront à la charge du patient.
En fait, nous devons dire que lorsque l'indication des implants dentaires est respectée, l'échec peut survenir très vite, dans la première année, nous sommes en présence d'une intolérance essentielle (2% des cas). S'il apparaît dans la troisième ou quatrième année (2% des cas), c'est la conception de l'ensemble de la réhabilitation qui est en cause. Dans 1% des cas, une fatigue des structures prothétiques peut engendrer une fracture et compromettre la viabilité des implants dans des périodes plus tardives.


Les systèmes implant-prothèse qui donnent satisfaction pendant dix ans résistent généralement beaucoup plus longtemps.
Il arrive parfois qu'un patient nous demande de lui réaliser une réhabilitation orale implanto-portée dans des conditions qui ne sont pas celles de l'indication formelle. Alors le patient prend le risque sans garantie. Nous tentons alors l'entreprise sans autre écueil pour le patient que de se retrouver dans l'état initial.
Nous rencontrons aussi des patients en détresse qui viennent chercher le miracle. Heureusement, ils sont rares. Il convient de prendre d'énormes précautions Si nous ne voulons pas ajouter à la détresse existante un drame supplémentaire. Le refus d'obtempérer est peut-être pire, car il annihile tout espoir.


En conclusion, l'échec ne doit pas être une obsession pour les porteurs d'implants. Un échec dans un transfert cardiaque conduit au drame. Dans le cas d'une reconstitution dentaire nous aurons, au pire, une édentation et une solution conventionnelle pour y faire face. Cette dernière aura certes les inconvénients des systèmes d'hier, mais hier certains s'en contentaient et pouvaient vivre tout de même très convenablement.

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